Bannière Octobre Rose au travail avec ruban rose, symbole de la sensibilisation au cancer du sein en entreprise

Octobre Rose au travail : et si on allait plus loin que le ruban rose ?

Chaque année en octobre, le rose s’invite dans les entreprises : rubans, affiches, publications, vêtements…

Derrière ce symbole, il y a une réalité qui concerne directement le monde du travail. En France, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en 2023, selon l’Institut national du cancer (INCa). Et parmi les personnes en emploi au moment d’un diagnostic de cancer, une sur cinq ne travaille plus cinq ans après (enquête VICAN5, INCa / Inserm).

Octobre Rose peut donc être bien plus qu’un mois aux couleurs de la campagne : une belle occasion d’ouvrir la discussion sur la prévention, la santé et l’accompagnement au travail.

Alors, cette année, jusqu’où souhaitez-vous aller ?

Octobre Rose en entreprise : où en êtes-vous ?

Petit test avant de commencer : combien de cases pouvez-vous cocher ?

  • ☐ Votre logo ou vos locaux se mettent aux couleurs d’Octobre Rose : +1 point
  • ☐ Vous organisez une journée où les collaborateurs sont invités à porter du rose : +1 point
  • ☐ Vous partagez des ressources fiables sur la prévention et le dépistage : +2 points
  • ☐ Vous organisez une véritable action de sensibilisation : +2 points
  • ☐ Vos managers savent comment accompagner un collaborateur confronté à une longue maladie : +3 points
  • ☐ Vous avez réfléchi à l’accompagnement du retour au travail après une longue absence : +3 points

De 0 à 3 points : le rose est bien là, et vous avez toutes les cartes en main pour aller plus loin.

De 4 à 8 points : vous êtes déjà dans l’action.

De 9 à 12 points : Octobre Rose s’inscrit chez vous dans une démarche RH plus globale.

Quel que soit votre score, l’objectif n’est pas d’être parfait. L’essentiel est de transformer progressivement la sensibilisation en actions concrètes.

Les 4 niveaux d’engagement d’Octobre Rose au travail

Collègues marchant ensemble lors d’une action Octobre Rose en entreprise

Niveau 1 : rendre Octobre Rose visible

Première étape : faire exister le sujet dans l’entreprise.

Un dress code rose, quelques rubans, une affiche dans les espaces communs, une bannière sur l’intranet ou une communication interne permettent déjà d’attirer l’attention.

Pour donner toute sa portée à ce geste, profitez-en pour partager une information ou une ressource utile, par exemple sur le dépistage organisé. Le rose attire l’œil ; le message qui l’accompagne donne du sens à l’initiative.

Niveau 2 : faire participer les équipes

Pour aller plus loin, faites d’Octobre Rose un moment collectif.

Une marche sur la pause déjeuner, un petit-déjeuner solidaire, un quiz de sensibilisation, un défi sportif ou une collecte au profit d’une association : les idées ne manquent pas.

Nul besoin d’organiser un événement XXL. Une action simple, à laquelle les collaborateurs ont envie de participer, a souvent davantage d’impact qu’une communication descendante.

Et surtout, laissez toujours la participation libre : chacun peut avoir un rapport très personnel à la maladie.

Niveau 3 : être un relais d’information fiable

Sensibiliser ne signifie pas devenir spécialiste de la santé du jour au lendemain.

L’entreprise peut avant tout jouer un rôle de relais : mettre à disposition des informations issues de sources reconnues (Institut national du cancer, Assurance Maladie, Ligue contre le cancer), orienter vers les bons interlocuteurs, ou faire intervenir une association ou un professionnel compétent. Le service de prévention et de santé au travail peut aussi être un partenaire précieux.

L’objectif est de permettre à chacun d’accéder facilement à une information claire et vérifiée, sans jamais dire aux collaborateurs ce qu’ils doivent faire.

C’est aussi l’occasion de rappeler une chose essentielle : derrière une campagne nationale, il y a des situations individuelles, qui méritent d’être abordées avec respect et délicatesse.

Niveau 4 : quand Octobre Rose devient un vrai sujet RH

Manager à l’écoute d’un collaborateur lors d’un échange confidentiel au bureau

Et si le véritable engagement commençait ici ?

Lorsqu’un collaborateur traverse une maladie longue, les questions deviennent concrètes : comment maintenir le lien pendant son absence ? Que peut dire ou demander le manager ? Comment adapter le travail lorsque cela est nécessaire ? Comment préparer le retour dans l’équipe ?

Le rôle de l’entreprise n’est pas de connaître le diagnostic, ni de se substituer aux professionnels de santé. Il est de créer un environnement dans lequel le collaborateur peut être accompagné tout en préservant son intimité, sa place dans le collectif et sa vie professionnelle.

Cela suppose aussi de préparer les managers. Face à l’annonce d’une maladie, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours : savoir écouter, respecter la confidentialité et identifier les bons relais font pleinement partie de l’accompagnement.

Les repères utiles pour accompagner l’absence et le retour

Le Code du travail prévoit plusieurs temps d’échange, qui gagnent à être connus des RH comme des managers :

Dispositif Quand ? À quoi sert-il ?
Rendez-vous de liaison Arrêt de plus de 30 jours, facultatif Échange entre le salarié et l’employeur, avec le service de prévention et de santé au travail, pour présenter les actions de prévention et d’adaptation possibles
Visite de préreprise Arrêt de plus de 30 jours, à la demande notamment du salarié ou d’un médecin Anticiper le retour : aménagements, adaptations, formations
Visite de reprise Après au moins 60 jours d’arrêt pour maladie non professionnelle, le jour de la reprise ou dans les 8 jours Vérifier avec le médecin du travail que le poste est compatible avec l’état de santé
Temps partiel thérapeutique

Sur prescription médicale, avec accord de l’employeur et organisation adaptée aux préconisations du médecin du travail.

Reprendre progressivement son activité

Bon à savoir : depuis le décret du 12 juin 2026, pour les arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026, la visite de reprise n’est plus requise dans certains cas, lorsqu’une visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours précédant le retour et qu’aucun aménagement n’a été jugé nécessaire. L’employeur, le salarié ou le médecin du travail peuvent toutefois toujours la demander (Entreprendre Service Public).

Ces dispositifs ont un impact réel : selon l’enquête VICAN5, le maintien dans l’emploi à cinq ans est plus élevé chez les personnes ayant bénéficié d’un temps partiel thérapeutique (84,6 % contre 68 %) (Le Quotidien du Médecin).

Poste de travail accueillant préparé pour le retour d’un collaborateur après une longue absence

Comment VEDACI Conseil RH vous accompagne

Chez VEDACI, nos psychologues du travail accompagnent les PME dans tout ce qui touche à la relation humaine et au management. Sur ces sujets délicats, nous pouvons vous aider à :

Vous souhaitez sensibiliser vos équipes, accompagner vos managers ou mieux préparer le retour d’un collaborateur après une longue absence ?

Chez VEDACI Conseil RH, nous vous aidons à construire des solutions adaptées à votre entreprise, à vos équipes et à vos enjeux.

Échangeons sur vos besoins et les actions que nous pouvons mettre en place ensemble.

Bannière Octobre Rose au travail avec ruban rose, symbole de la sensibilisation au cancer du sein en entreprise

Le 1er novembre, on range vraiment tout ?

Les affiches peuvent disparaître. Les rubans peuvent retourner dans les tiroirs. Les enjeux, eux, restent.

Octobre Rose peut être un point de départ pour réfléchir plus largement à la prévention, à la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), à l’accompagnement des absences longues ou encore au retour à l’emploi après une maladie.

Finalement, une entreprise engagée pour Octobre Rose se reconnaît sans doute à ce qu’elle fait pendant le mois d’octobre, mais aussi à la manière dont elle prend soin de son collectif de travail toute l’année.

FAQ : Octobre Rose et accompagnement au travail

Que peut faire une entreprise pour Octobre Rose ?

Elle peut rendre la campagne visible, proposer des actions collectives à participation libre, relayer des informations fiables sur le dépistage, et surtout préparer ses managers à accompagner un collaborateur touché par une maladie longue.

L’employeur peut-il connaître la maladie d’un collaborateur ?

Le collaborateur n’a pas à révéler la nature de sa maladie. L’employeur n’a pas à connaître le diagnostic : ce sont le médecin traitant et le médecin du travail qui accompagnent le volet médical.

Qu’est-ce que le rendez-vous de liaison ?

C’est un échange facultatif, possible pour un arrêt de plus de 30 jours, entre le salarié et l’employeur, auquel est associé le service de prévention et de santé au travail. Il permet de présenter les actions de prévention et d’adaptation possibles.

Quand la visite de reprise est-elle obligatoire ?

La visite de reprise est normalement obligatoire après un congé de maternité, une absence pour maladie professionnelle, un arrêt d’au moins 30 jours pour accident du travail ou d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel.

Depuis le 15 juin 2026, une dispense est possible sous certaines conditions, notamment lorsqu’une visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours précédant le retour et qu’aucun aménagement n’a été jugé nécessaire par le médecin du travail. L’employeur, le salarié ou le médecin du travail peuvent néanmoins demander cette visite.

Comment un manager peut-il accompagner un collaborateur malade ?

En écoutant sans questionner sur la santé, en respectant la confidentialité, en maintenant un lien adapté pendant l’absence si le collaborateur le souhaite, et en préparant son retour avec les RH et le médecin du travail.

Latifa Acid est directrice associée de Vedaci, cabinet RH et de recrutement à Marseille.